10 causes de problèmes comportementaux


Comportement, Relation homme-animal / mardi, juillet 10th, 2018

Les troubles comportementaux peuvent impacter votre quotidien ainsi que le bien-être de votre chien. Ces comportements peuvent avoir différentes causes dont voici les plus courantes :


1. Un problème de santé

Commes les humains, les chiens peuvent être plus irritables lorsqu’ils sont malades. Beaucoup de problèmes comportementaux, comme l’agression, peuvent être causés par des problèmes de santé. Ils peuvent toucher des chiens de tous âges et toutes races, et il est ESSENTIEL d’en parler avec un vétérinaire, particulièrement si le comportement est apparu de façon soudaine. Dans tous les cas, ce sera toujours la première cause à écarter, et un bilan de santé vous permettra soit d’apporter les soins nécessaires à votre animal, soit d’explorer les autres causes possibles. 


2. Le manque de stimulation

Tout être vivant, humain ou animal, a des besoins physiques et mentaux qui influencent son bien-être. Le chien est un animal très sociable, curieux, explorateur, joueur et selon les races, il peut avoir besoin de beaucoup d’exercice physique, de pister, rapporter des choses, ou encore de rassembler des animaux. Lorsque ces besoins ne sont pas comblés, son bien-être en est affecté, parfois de façon très intense. Beaucoup de chiens sous-stimulés chercheront à combler ces besoins avec ce qui est disponible dans leur environnement. Cela peut conduire à des comportements problématiques, comme par exemple : la destruction d’objets, une obsession des jeux de balles, ou dans certains cas, des troubles obsessionels compulsifs (ex: chasser sa queue). Il est donc essentiel de bien répondre à leurs besoins en leur proposant des longues promenades avec la possibilité d’explorer, de renifler et de se dépenser physiquement. Bien connaître la race de son chien permettra de répondre aux besoins qui lui sont spécifiques. Par exemple, un Terre Neuve devrait avoir accès à un point d’eau et un Border Collie devrait pouvoir courir et rassembler (si ce n’est pas des moutons, on peut lui faire faire du Treiball).

Photo: Marcus Benedix


3. L’environnement de vie

L’environnement de vie joue une part importante dans la stimulation du chien en lui offrant de quoi répondre à ses besoins. Cependant, il est essentiel que cet environnement lui permette de se sentir en sécurité et de se détendre. Un environnement dans lequel il y a beaucoup de facteurs de stress peut contribuer au développement de problèmes comportementaux. Par exemple, un chien peureux qui vit dans un lieu très bruyant peut être constamment stressé ou présenter des comportements agressifs, de malpropreté, ou des vocalisations excessives. Pensez à vous adapter à ses besoins : s’il est craintif, il doit avoir un espace rien qu’à lui où personne ne le dérange. S’il vole des objets ne les laissez pas à sa portée, rangez les. S’il s’ennuie, faites de l’enrichissement de milieu et des activités stimulantes.


4. L’alimentation

Jusqu’à récemment, l’alimentation était un facteur qui était peu pris en compte dans les diagnostics comportementaux, mais grâce à un nombre croissant d’études, nous en savons plus sur l’influence qu’a l’alimentation sur le comportement. Par exemple, on sait que réduire l’apport en protéines dans la nourriture peut réduire les comportements agressifs. Discutez-en avec un vétérinaire à jour sur les études récentes et demandez-lui conseil. Un comportementaliste peut aussi vous aider à déchiffrer les étiquettes et vous orienter vers une alimentation plus adaptée.


5. Une mauvaise socialisation

La socialisation peut influencer de façon extrêmement importante le developpement comportemental du chien. La peur de la “nouveauté” est courante chez les chiens, elle est souvent causée par une mauvaise socialisation lorsqu’ils étaient chiots. Cette peur est d’ailleurs souvent la cause sous-jacente des problèmes d’agression, notamment envers des personnes/congénères inconnus. Il y a une période durant laquelle le chiot doit être exposé à différents environnements, bruits, personnes, chiens et objets, afin qu’il s’y habitue et soit à l’aise dans la plupart des contextes dans lesquels il évoluera. Il est donc essentiel d’exposer un jeune chiot à la nouveauté afin de lui apprendre à ne pas en avoir peur. L’âge optimal est entre 6 et 12 semaines, mais la socialisation doit être effectuée toute leur vie.

Photo: Alvan Nee


6. Le terreau génétique

Certains troubles comportementaux sont influencés par le terreau génétique du chien. Les éleveurs jouent un rôle essentiel dans la prévention de problèmes comportementaux (et de santé) en selectionnant des individus sains et en excluant ceux qui présentent des problèmes, quels qu’ils soient. Mais malheureusement, c’est un travail qui n’est pas toujours effectué. Et si la génétique est rarement la cause unique d’un problème comportemental, elle peut influencer son developpement de manière importante. Un chien très peureux peut avoir des chiots qui sont très craintifs. Pour bien sélectionner votre chiot, demandez à voir les parents et à avoir accès à leur historique de santé. Après tout, c’est une dizaine d’années de votre vie et de celle de votre futur chien qui sont en jeu.


7. Le manque de prédictibilité

Les chiens ont besoin de prédictibilité dans leur vie, que ça soit dans leurs interactions, dans leur routine, ou dans leur environnment. Ce qui n’est pas prédictible ou cohérent, peut générer de l’anxiété et des comportements problématiques. Par exemple, il arrive souvent que dans une famille humaine, la façon de communiquer avec le chien, ou de l’éduquer, varie selon les individus. Une personne peut punir l’animal lorsqu’il monte sur le canapé, alors qu’une autre va l’inviter à s’y installer. Ayez donc des règles claires que tous les membres du foyer appliquent de la même manière.

 

8. Une éducation coercitive

Ce type d’éducation implique l’utilisation de méthodes punitives et de la force. Par exemple, retourner un chien sur le dos pour lui grogner dessus en le tenant par le cou est une méthode coercitive. Si ces méthodes peuvent supprimer certains comportements, ce qui donne l’impression que le chien se comporte mieux, elles ne règlent en rien l’origine des problèmes comportementaux, surtout quand ils sont causés par des émotions négatives comme la peur ou l’anxiété. Par exemple, un coup de jus peut empêcher un chien d’aboyer, mais il ne stoppe pas la cause de l’aboiement, ce qui crée beaucoup de frustration. Dans beaucoup de cas, les personnes qui l’appliquent verront une amélioration, généralement causée par un état de peur qui conduit le chien à stopper le comportement puni (appréhension que la punition se reproduise). Cette inhibition comportementale peut créer beaucoup de mal-être chez le chien et ces méthodes doivent être évitées. Elles peuvent causer beaucoup de tort à l’animal et être à l’origine d’anxiété sevère, ou d’agressivité


9. Une séparation trop rapide avec la mère

En France, il est possible d’acquérir un chiot lorsqu’il a 8 semaines. C’est le minimum légal car à 8 semaines le sevrage alimentaire est généralement effectué (les chiots peuvent manger de la nourriture solide). Malheureusement, le sevrage affectif et l’apprentissage que les chiots effectuent avec leur mère ne sont pas complétés, et une séparation brutale peut engendrer des futurs troubles comportementaux. De plus, comme indiqué plus haut, c’est une periode critique chez le chiot et s’il n’apprend pas avec sa mère, les nouveaux maîtres doivent effectuer le travail à sa place. Sans ce travail, les problèmes s’ensuivent.
Voici quelques exemples de ce que la mère apprend aux chiots:
– Ne pas mordiller excessivement ou trop fort lors du jeu,
– Elle augmente petit à petit leur seuil de frustration en refusant leurs demandes de jeu ou d’allaitement,
– Elle les délaisse de plus en plus et augmente la durée des séparations, ce qui leur apprend à mieux tolérer la solitude.


10. Un changement de routine

Un déménagement, l’arrivée d’un bébé, la mort d’un membre de la famille, de plus longues absences du maître au travail… tout ces changements dans la vie du chien peuvent influencer son comportement. Les chiens ont généralement besoin de stabilité et de prédictibilité dans leur routine et des changements importants ou brusques peuvent générer des comportements inhabituels. Si ces derniers coïncident avec un changement dans la vie du chien, essayez de l’aider à mieux vivre cette phase grâce à des expériences positives. Consultez un comportementaliste si cela vous parait difficile à gérer.

 

Si vous n’arrivez pas à determiner la cause d’un comportement problématique ou si vous n’arrivez pas à le gérer, faites appel à un spécialiste du comportement canin, qui grâce à ses connaissances pourra explorer toutes les pistes possibles et mettre en place un plan de modification comportementale personnalisé.

 

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