La peur : conseils pour aider votre compagnon


Conseils pratiques / jeudi, novembre 22nd, 2018

Gérer la peur chez un chien, n’est pas une tâche facile. Elle nécessite de très bonnes connaissances et de l’expérience, surtout pour les cas sévères. Cependant, il y a de nombreuses choses qu’on peut faire pour éviter de l’empirer et pour soulager son chien. Les conseils suivants peuvent améliorer l’état émotionnel de votre animal et l’aider à vaincre ses peurs.

Ce qui cause la peur 

La peur est une émotion qui permet à un animal d’augmenter ses chances de survie face à un danger. Lorsqu’il perçoit un danger potentiel ou réel, un changement physiologique s’opère et il y a une réponse comportementale. Selon le caractère de l’individu ou le contexte, il décidera de fuir, combattre, se cacher, se figer ou faire le mort. Avoir peur est donc nécessaire à tous les animaux dont l’environnement comporte des dangers.

Bien que la survie des animaux de compagnie dépend en grande partie de leurs gardiens, ils ont naturellement des peurs qu’ils doivent affronter. Des facteurs comme la génétique, les expériences et le développement peuvent énormément impacter leur capacité à les gérer. Par exemple, un chiot risque de devenir très craintif s’il ne rencontre pas d’autres chiens et personnes, et s’il n’est pas exposé à des bruits, objets et lieux différents. ⇒ Voir article sur la socialisation du chiot 

Connaître les contextes et déclencheurs

Dans un premier temps, il est important de connaître tout ce qui peut déclencher de la peur chez votre chien. Vous pouvez faire une liste de tout ce qui lui fait peur, avec des niveaux d’intensité. Cela vous permettra aussi de mieux identifier les contextes ou les situations à éviter. Avec une bonne compréhension de ces causes et en déterminant tout ce qui déclenche de la peur chez votre chien, vous pourrez commencer à l’aider.

Conseils pour réduire la peur chez un chien

Apprendre à bien reconnaître les signes de peur

Beaucoup de propriétaires de chiens ne savent pas reconnaître la moitié des signes de peur. Il est pourtant important de les reconnaître pour pouvoir aider nos animaux dans des situations difficiles. Un chien qui a peur peut l’exprimer de plusieurs façons (entre autres) :
– Les comportements les plus visibles : il fait les cent pas, n’arrive pas à se poser, cherche à fuir ou se cacher, montre de l’agressivité, cherche à se faire petit, il urine ou défèque.
– Les signes physiques : il tremble, a les oreilles en arrière, bave, halète, a les yeux écarquillés, se lèche le museau, il baisse la tête, il a la queue entre les jambes, il transpire au niveau des pattes (laisse des traces sur un carrelage).

Éviter les déclencheurs

Une fois que vous avez identifié tout ce qui déclenche de la peur chez votre chien, il est très important d’éviter de le mettre dans des situations problématiques. Dans la mesure du possible. S’il a peur des voitures, emmenez-le se promener dans des rues calmes, à heures calmes ou mieux encore, à la campagne. Parfois, ce sont des contextes entiers qui font peur à un chien. Par exemple, il est assez courant que les chiens aient peur de sortir dehors quand il fait nuit.

Bien entendu, il se peut que vous ne puissiez pas toujours les éviter.  Par exemple, il sera difficile d’éviter d’exposer votre chien aux bruits d’orages s’il en a peur. Cependant, il est très important de réduire son exposition à ce qui lui fait peur le plus possible, pour éviter de le sensibiliser encore plus.

Écouter son chien 

Si vous apprenez à bien déceler les signes de peur chez votre chien, vous la possibilité de faire quelque chose qui l’aidera énormément : le soustraire à une situation problématique. Vous l’aiderez non seulement à ne pas trop monter en pression, vous éviterez d’exacerber sa peur et surtout, vous lui montrez que vous le comprenez et souhaitez l’aider. Cela le soulagera et l’aidera à prendre confiance.

Ne pas réprimander 

Ca va paraître logique à de nombreuses personnes. Pourtant, beaucoup de gens ne perçoivent pas les signes de peur chez un chien et le réprimandent pour un comportement indésirable. C’est souvent le cas pour les comportements agressifs. Si votre chien à des comportements agressifs, il est possible que ces derniers soient motivés par de la peur. Si vous réprimandez votre chien, vous prenez un grand risque. Non seulement vous ne l’aidez pas, mais en plus, vous le réprimandez alors qu’il a donné une réponse normale face à quelque chose qu’il percevait comme un potentiel danger. Vous impactez sa confiance, votre lien et surtout, vous lui donnez des informations incohérentes qui risquent de le perturber encore plus.

Ne jamais forcer 

Ce sera également logique pour beaucoup, mais on entend encore beaucoup d’éducateurs conseiller qu’il faut que le chien affronte ses peurs. “Il a peur de la voiture, forcez-le à faire 2 heures de route et ça passera” dit-on.
NON ! C’est très risqué ! Au mieux, votre chien rentrera en détresse acquise, au pire, vous le sensibiliserez encore plus à ses peurs et prenez même le risque qu’il se “rebiffe”. Si votre chien panique dès qu’il voit un vélo, éloignez-vous. S’il a peur de marcher sur une grille au sol, contournez-la. Mais surtout, ne le forcez pas, jamais !

Le désensibiliser (travail de fond)

C’est tout le contraire de l’immersion (forcer un chien à affronter sa peur). Vous avez évité les déclencheurs, vous l’aidez quand ca ne va pas, vous l’écoutez, mais ne savez toujours pas comment vraiment réduire sa peur ?
La désensibilisation est un travail compliqué, mais efficace. Il faut en général de bonnes connaissances en gestion du comportement canin pour pouvoir appliquer un protocole de désensibilisation. Cela dit, avec des connaissances de bases, on peut avancer. Si vous n’y arrivez pas ou trouvez cela trop compliqué et que les peurs de votre chien deviennent très problématiques, je vous conseille de contacter un comportementaliste. Il vous préparera un plan d’action détaillé qui devrait vous faciliter la tâche.

Explications avec l’exemple de la peur en voiture.

À chaque tentative, votre chien a vomi, pleuré ou tremblé. Maintenant, il a tellement peur que lorsque vous approchez la voiture, il se fige et vous êtes obligé de le porter. Votre but est que votre chien, petit à petit, ne perçoive plus la voiture comme quelque chose de traumatisant. Il faut qu’il l’associe avec des évènements plaisants.

Etapes :

  1. Dans un premier temps, vous allez vous approcher de la voiture et avant qu’il ait une réaction (déterminez la distance au préalable), vous vous arrêtez, vous lui donnez une friandise (voir plusieurs) et l’encouragez joyeusement. Vous répétez l’exercice plusieurs fois et petit à petit, vous réduisez la distance, toujours en restant dans une zone de confort. Prenez votre temps, il faut parfois plusieurs essais à une certaine distance et pendant plusieurs jours avant de passer à l’étape suivante. Tant que votre chien montre des signes de peurs, vous ne réduisez pas la distance.
  2. La deuxième étape est de rester à coté de la voiture, sans la toucher. Donnez une friandise à votre chien dès qu’il la regarde ou s’approche de la voiture de lui-même. S’il est figé, reprenez de la distance. Faites bien en sorte de toujours coupler les moments passé près de la voiture (sans signes de peur) avec de supers évènements (friandises, voix joyeuse, caresses rassurantes, jouet, Kong fourré).
  3. Il est à l’aise à coté de la voiture, commencez à la toucher, à mettre la clé dans une serrure. N’ouvrez pas la portière, touchez simplement votre voiture. Continuez à associer ces moments avec des choses (très) plaisantes. Lorsque tout va bien, votre chien ne réagit plus à vos gestes sur la voiture, ouvrez une portière doucement et refermez-la. Ouvrez le coffre et fermez-le. Répétez chaque exercice plusieurs fois.
  4. Une fois que votre chien est à l’aise avec ces gestes, il va falloir l’attirer dans la voiture. Jetez des friandises à l’intérieur, montez dedans et appelez le. Une fois qu’il est à l’intérieur, donnez-lui les meilleures friandises possibles, caressez-le ou jouez avec lui. Faites cela quelques minutes et descendez. Répétez cet exercice en augmentant la durée jusqu’à ce qu’il ait des comportements détendus.
  5. Vous l’aurez compris, chaque étape doit être répété plusieurs fois jusqu’à ce que votre chien apprenne à apprécier les moments passés à une certaine distance. Vous devrez continuer en allumant le moteur quelques secondes, en conduisant une minute, puis en augmentant la durée petit à petit.

C’est le même principe pour la peur des orages :

Quelques aides supplémentaires

Des calmants naturels

Il existe plusieurs calmants naturels qui sont sans danger, ne produisent pas d’effets secondaires et qui peuvent apaiser un animal. Par exemple, les phéromones apaisantes en diffuseur peuvent aider votre animal à bien se détendre chez vous. Des compléments alimentaires comme le Zylkène, le Qalmil ou l’Anxitane peuvent à long terme réduire les états anxieux de votre animal. Tous ces produits ont démontré leur efficacité par des tests cliniques.

Favorisez les moments et activités ‘détente’

C’est essentiel de trouver des activités qui aident votre chien à se relaxer. Sachez par exemple que mastiquer et lécher les aide beaucoup à combattre le stress. Os à macher, tapis de léchage (tapis de cuisson en silicone recouvert de fromage type Kiri) et jouets Kongs fourrés peuvent faire l’affaire. Des jeux de recherche et d’exploration stimulent les chiens mentalement et ont un effet calmant. Ajoutez à cela des moments calmes dans la maison, de la musique douce, des siestes au soleil… toutes ces activités doivent être favorisées.

Le soutien d’un comportementaliste

Ses connaissances pourront vous aider à mieux comprendre votre animal et son language. Par exemple, vous pourrez apprendre à comprendre son language corporel lorsqu’il est anxieux, peureux ou au contraire, heureux et détendu. Le comportementaliste vous donnera également des conseils pour gérer les difficultés que vous rencontrez avec des protocoles détaillés.

 

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