POSITIVEZ VOS OUTILS THÉRAPEUTIQUES


Thérapies comportementales / mardi, août 17th, 2021
 
Il existe de nombreuses stratégies permettant d’améliorer le bien-être d’un chien et l’aider à surmonter des expériences difficiles. Cela peut aller de la gestion de l’environnement à des activités relaxantes ou encore, les médecines alternatives et complémentaires (ex : phytothérapie). Dans bien des cas, ces outils thérapeutiques sont directement appliquées en situation problématique. Par exemple, on va jouer de la musique douce ou placer un collier ‘apaisant’ lors de trajets en voiture causant un stress important.
 
Néanmoins, il est nécessaire de prendre en compte une information : on peut modifier l’effet de ces stratégies via les associations qui sont créées. On peut rendre ces outils plus efficaces ou au contraire, en faire des facteurs de stress.

Ce qui nous fait du bien….

 
Avant tout, j’aimerais que vous pensiez aux stimuli sensoriels qui vous font du bien. Par exemple, le ronronnement de votre chat, le parfum de votre mère, un morceau de musique, l’odeur de la maison de vos grands-parents, des livres ou de la mer, le pelage de vos animaux sous les doigts… Il y a des choses comme ça qui nous font du bien, qui nous rassurent et qui créent un sentiment de bien-être. Si vous y réfléchissez bien, vous vous rendrez compte que ces stimuli ont été associés à des expériences et sensations plaisantes, telles que la relaxation et la joie. Ils évoquent généralement de bons souvenirs.
 
Ces stimuli sont conditionnés (via le conditionnement classique/Pavlovien). Ce qui veut dire qu’ils ne généraient certainement aucune réaction en vous à la base (ils étaient neutres), mais en étant associés à des sensations positives, ils ont généré des réponses similaires. Si vous adoriez passer du temps chez vos grands-parents quand vous étiez petit ; certaines odeurs, certains bruits et les objets de leur maison, entre autres, peuvent séparément (sans vos grands-parents), générer des sensations positives.
 

Stimuli plaisants ou aversifs ?

 
Lorsque que mon petit Snowee est arrivé d’Inde, il était chamboulé par les changements auxquels il faisait face. Ma priorité était qu’il se détende et qu’il trouve son nouvel environnement de vie rassurant. Un soir, alors qu’il s’endormait, j’ai joué un morceau de musique de Beethoven. Il paraissait tellement apaisé, que j’ai joué ce morceau presque tous les soirs suivants (et pendant plusieurs semaines) quand il s’endormait – ce morceau était donc associé à de la relaxation. Maintenant, ce morceau est souvent joué quand il se repose, mais je peux également le jouer pour l’apaiser. Je constate qu’il lui permet de s’endormir plus rapidement et qu’il réduit l’intensité de ses réactions de stress à certains moments.
 
Certains stimuli ont un effet ‘naturellement’ apaisant pour les chiens, mais il est important de toujours penser aux associations qu’on crée car il est possible que ces stimuli deviennent déplaisants. Plusieurs études ont été menées pour comprendre l’effet de ces conditionnements sur les animaux et les humains. Par exemple, certaines ont montré qu’une odeur associée à des stimuli aversifs finit par générer des comportements de répulsion (voir référence). Ce type d’association peut être fait à travers une seule expérience très négative. D’ailleurs, chez des personnes souffrant d’un stress post traumatique, des odeurs peuvent raviver la mémoire avec des flashbacks de l’événement ; le conditionnement olfactif a d’ailleurs été proposé comme outil thérapeutique pour ces patients.
 
On peut donc supposer que le collier apaisant aux huiles essentielles et la musique douce (entre autres) utilisés dans un contexte déplaisant, peuvent devenir facteurs de stress. Leur effet ne sera pas thérapeutique s’ils sont directement associés à des expériences aversives.
 
C’est pourquoi, il est important de se rappeler que Pavlov n’est jamais très loin. Pensez donc à bien conditionner ces outils, via des associations très plaisantes et surtout, de la relaxation. Continuez ces associations positives, en dehors des moments difficiles et évitez de les associer à des expériences très déplaisantes – surtout, si ils n’ont pas été associés à des expériences positives à de nombreuses reprises.
 
REFERENCES:
Un article très intéressant sur l’influence de la mémoire olfactive sur la santé psychologique et physiologique, ainsi que plein d’autres références sur le sujet: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5039451/ (EN ANGLAIS)
 
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