La socialisation du chiot : un apprentissage essentiel à ne surtout pas négliger


Blog, Comportement, Education / lundi, août 27th, 2018

Le chien est un animal domestique qui est soumis à de nombreux stimuli* (sons, situations, personnes, autres animaux) au cours de sa vie. La socialisation est un processus au cours duquel un chiot se familiarise à son environnement et aux stimuli qu’il côtoiera. C’est un apprentissage nécessaire pour son bien-être et pour prévenir les troubles comportementaux comme l’agression. 

*Les stimuli sont des facteurs qui déclenchent une réaction physiologique et/ou comportementale chez un animal.


Le rôle de la socialisation et
 la nécessité d’avoir peur

L’évolution nous explique souvent très bien le but des comportements, comme par exemple, ceux qui sont liés à la peur. Chez la plupart des animaux sauvages, il y a un âge auquel les jeunes apprennent à être méfiants vis-à-vis de ce qu’ils ne connaissent pas. Tout ce qui a une présence bienveillante ou agréable pour les petits qui grandissent, deviendra familier. Tout ce à quoi l’animal ne se familiarise pas devient un potentiel danger. Cette période est critique en terme de socialisation car elle permet de se familiariser avec son environnement et d’identifier tout ce qui est sans danger.

Réagir face au danger (réel ou perçu) permet aux animaux sauvages de survivre. Ces réactions conduisent l’animal à fuir, se cacher, se figer ou se battre, selon l’individu et le contexte. La peur est donc une réaction normale qui est adaptative aux dangers présents dans l’environnement. Apprendre à avoir peur est un apprentissage qui est essentiel à la survie des animaux. 

C’est pour cela que durant sa période de socialisation, il est important de présenter au chiot ce à quoi il sera confronté dans sa vie future, afin de lui montrer ce qui n’est pas une menace ou un danger pour lui et d’éviter les réactions problématiques comme l’agression.

 

Développement du chiot et la période critique de socialisation 

Lorsqu’un chiot naît, il est sourd et aveugle (ses yeux sont fermés). Il est donc surtout réceptif à la chaleur et au toucher, c’est pourquoi la mère le garde près d’elle. La sensibilité à la chaleur est essentielle pour maintenir ce contact physique avec la mère et il apprend vite à crier s’il est isolé (il ne peut pas réguler sa température et il commence à avoir froid). C’est son premier apprentissage : il apprend que ses comportements ont des conséquences.
À partir de la deuxième semaine (environ), il ouvre les yeux, commence à entendre et à se mouvoir. Il commence également à être sensible à ce qui l’entoure : il joue avec ses frères et sœurs et devient conscient de son environnement. C’est à ce moment-là qu’il entre dans la phase de socialisation. Il explore de plus en plus son environnement, il apprend à reconnaître ses congénères (et les humains ou autres animaux qui sont présents) et commence à mémoriser ce qui est sans danger. À trois semaines, il est très peu méfiant et c’est sa mère qui assure sa sécurité s’il s’approche de quelque chose de dangereux. Sa capacité de méfiance commence à apparaître et augmente petit à petit. La fin de la période critique de socialisation est située entre la 8e et la 13e semaine, variant selon les individus ou les races. 

C’est la période la plus importante pour la construction des futurs comportements de votre chien et elle est critique. Si la socialisation n’est pas complétée, il sera très difficile de l’habituer à ce qui est inconnu. Beaucoup de cas d’agressivité, de peurs ou d’anxiété chronique (entre autres) ont pour origine une mauvaise socialisation.

 

Comment bien socialiser son chiot  : parlez avec votre éleveur et assurez le relais

Le travail de l’éleveur est extrêmement important. Il doit à tout prix exposer votre chiot à des stimuli variés avant que vous le récupériez. Il doit l’habituer à des personnes avec des physiques très différents, des chiens, des sons, des objets de la maison, des lieux, l’eau, le vent… Etc. Dans l’idéal, il devrait commencer à le manipuler physiquement à partir des 2 premières semaines (lui toucher les pattes, lui appuyer dessus doucement, lui soulever les oreilles, lui soulever la queue, lui mettre des petits bandages, lui mettre la main autour de la gueule). Cela permet de l’habituer aux visites chez le vétérinaire et aux manipulations en cas de blessure.

Lorsque vous prenez le relais de l’éleveur (généralement à 8 semaines), la période critique de socialisation est presque terminée. Il est donc essentiel de ne pas tarder à l’exposer à différentes situations. En règle générale, on conseille de ne rien faire les deux premiers jours après l’arrivée du chiot, car ces moments doivent être consacrés à se détendre chez vous, à accepter la séparation avec sa mère et surtout, à l’habituer à son nouvel environnement de vie. C’est déjà une grosse part du travail qui est faite ces deux premiers jours.
Après, vous pouvez commencer à l’emmener dans différents lieux. Demandez à des amis de venir lui dire bonjour (brièvement, pour que l’expérience reste la plus positive possible), jouez des sons étranges sur YouTube (Ex: des chiens qui aboient, des sonnettes, des bruits d’orages…), présentez-lui des chiens sympas de différentes races, présentez lui des cyclistes gentils (faites appel à des complices si possible).


IMPORTANT

Quelles que soient les manipulations ou les expériences qui ont pour but de socialiser votre chiot, elles doivent être positives (ex: associées à des friandises) et brèves. Si vous manipulez votre chien pendant des heures, vous risquez plutôt de faire le processus contraire à l’habituation : la sensibilisation (vous le rendez sensible au toucher > il n’aime pas ça). Le but est que votre chien considère l’expérience comme quelque chose de plaisant et banal. Si vous lui présentez tout le quartier en une après-midi, il risque d’associer les visites à quelque chose de négatif. Toutes ces expériences doivent être espacées (Voir paragraphe : attention à l’immersion).

 

chien et chat
Si vous avez un chat, présente-le à votre chiot le plus tôt possible

 

La généralisation : facteur important de la socialisation

Un jeune animal en période de socialisation n’est jamais exposé à tous les stimuli qu’il rencontrera dans sa vie. Bien que notre rôle comme gardien du chien est de lui en présenter un maximum, il nous est impossible de couvrir tout ce que l’animal devra catégoriser comme “sans danger”. Cependant, la nature est bien faite et c’est là qu’intervient la généralisation. C’est un apprentissage qui permet à un animal de catégoriser des choses qui sont similaires. Par exemple, si votre chiot a rencontré un chien blanc, brusque et impressionnant dans sa phase de socialisation, il mettra probablement tous les chiens blancs, petits ou grands dans la catégorie “brusque et impressionnant qui fait peur”. Dans le cas contraire, s’il grandit avec un gentil chien blanc très sympa, il n’aura pas d’appréhension quand il rencontrera d’autres chiens blancs. C’est donc à double tranchant, car un chien est capable de généraliser les bonnes expériences comme les mauvaises et il le fait souvent très vite. Il est donc essentiel de lui faire rencontrer un maximum de stimuli durant la période de socialisation, mais surtout, de faire en sorte que ces expériences soient très plaisantes pour lui afin qu’il les généralise à des situations similaires.


Attention à l’immersion

L’immersion est un processus par lequel un animal reçoit trop d’informations ou par lequel il est exposé à un trop grand nombre de stimuli, ce qui ne lui laisse pas la possibilité de gérer ses émotions et de s’adapter. Au contraire, cela peut générer des émotions négatives qui peuvent influencer son comportement et dans certains cas, il peut paniquer. C’est pour cela qu’il est très important de ne pas “trop” le socialiser : les expériences doivent être espacées, brèves et plaisantes. Ne passez pas votre journée à le présenter au moindre objets ou à tout le monde car c’est risqué. Même si vous n’avez pas beaucoup de temps (quelques jours ou quelques semaines selon le chien), il vaut mieux faire des séances courtes plusieurs fois par jour, plutôt que de longues séances une fois par jour.

 

 

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